En résumé : Oui, l’assurance loyer impayé (GLI) est déductible à 100 % de vos revenus fonciers, à une condition : être imposé au régime réel. Au micro-foncier, aucune déduction supplémentaire n’est possible, car l’abattement forfaitaire de 30 % couvre déjà toutes vos charges. La déclaration se fait sur le formulaire 2044, ligne 223. Pour un propriétaire imposé à 30 %, une prime de 300 € ne coûte réellement qu’environ 158 € après déduction fiscale et prélèvements sociaux.
Vous payez chaque année une prime pour protéger vos loyers. Bonne nouvelle : le fisc vous en rembourse une partie. Voici comment récupérer cet avantage fiscal, ligne par ligne, sans erreur de déclaration.
L’assurance loyer impayé est-elle déductible des impôts ?
Oui. Les primes d’assurance loyer impayé sont intégralement déductibles de vos revenus fonciers. Cette règle est fixée par l’article 31 du Code général des impôts et confirmée par la doctrine fiscale (BOFiP).
Trois conditions doivent être réunies :
- Vous déclarez au régime réel d’imposition, pas au micro-foncier.
- Vous payez vous-même la prime. Si le coût est répercuté sur le locataire, aucune déduction n’est possible.
- Le bien est loué nu et génère des revenus fonciers imposables.
La déduction porte sur le montant réel versé dans l’année. Aucun plafond ne s’applique à la prime GLI elle-même.
Régime réel ou micro-foncier : lequel permet la déduction ?
Tout se joue ici. Votre régime fiscal détermine si vous pouvez déduire votre GLI ou non.
| Critère | Micro-foncier | Régime réel |
| Revenus locatifs | Moins de 15 000 €/an | Sans limite (obligatoire au-delà de 15 000 €) |
| Abattement | 30 % forfaitaire automatique | Aucun |
| Déduction de la GLI | ❌ Impossible | ✅ 100 % du montant réel |
| Autres charges déductibles | ❌ Aucune | ✅ Travaux, taxe foncière, intérêts d’emprunt, PNO… |
| Formulaire | 2042 (case 4BE) | 2044 |
La règle simple : si vos charges réelles dépassent 30 % de vos loyers, le régime réel devient plus avantageux que le micro-foncier. C’est souvent le cas si vous cumulez GLI, assurance PNO, taxe foncière, intérêts d’emprunt et travaux.
Attention : l’option pour le régime réel se coche sur votre déclaration et vous engage pour trois années consécutives. Faites vos calculs avant de basculer.
Comment déclarer votre GLI aux impôts : la méthode pas à pas
La déclaration prend moins de cinq minutes si vous avez les bons documents sous la main.
- Récupérez l’attestation annuelle de votre assureur. Il vous l’envoie chaque année, avec le montant exact des primes versées.
- Remplissez le formulaire 2044, annexe de votre déclaration de revenus.
- Reportez le montant en ligne 223 « Primes d’assurance ». C’est la même ligne que votre assurance PNO.
- Cas particulier : l’assurance emprunteur se déclare en ligne 250, avec les intérêts d’emprunt, pas en ligne 223.
- Conservez vos justificatifs (attestation, contrat, avis d’échéance) pendant au moins trois ans en cas de contrôle fiscal.
Le montant déclaré vient en déduction de vos loyers bruts. Votre revenu foncier imposable diminue d’autant.
Combien économisez-vous réellement ? Exemple chiffré
L’économie dépend de votre tranche marginale d’imposition (TMI), à laquelle s’ajoutent les prélèvements sociaux de 17,2 % sur les revenus fonciers.
Prenons un cas concret. Vous louez un appartement 800 € par mois. Votre GLI coûte 3 % du loyer annuel, soit 288 € par an.
| Votre TMI | Économie d’impôt (TMI + 17,2 % de PS) | Coût réel de votre GLI |
| 11 % | 81 € | 207 € |
| 30 % | 136 € | 152 € |
| 41 % | 168 € | 120 € |
| 45 % | 179 € | 109 € |
Plus votre imposition est élevée, plus la déduction est rentable. Pour un bailleur imposé à 41 %, l’État finance de fait plus de la moitié de la protection. Pour connaître le budget à prévoir avant déduction, consultez notre guide sur le coût d’une assurance loyer impayé.
GLI et déficit foncier : le levier fiscal supplémentaire
Si vos charges déductibles dépassent vos loyers encaissés, vous créez un déficit foncier. Ce déficit s’impute sur votre revenu global (salaires compris) jusqu’à 10 700 € par an. Le surplus se reporte sur vos revenus fonciers des dix années suivantes.
La prime GLI participe à ce mécanisme, au même titre que :
- les travaux d’entretien et de réparation ;
- la taxe foncière (hors taxe d’ordures ménagères) ;
- les frais de gestion locative ;
- les charges de copropriété non récupérables ;
- l’assurance propriétaire non occupant (PNO).
Une année de gros travaux ? Cumulez toutes vos charges, GLI incluse. L’économie d’impôt peut être significative.
Et en location meublée (LMNP) ?
Le principe change. En meublé, vos loyers relèvent des BIC (bénéfices industriels et commerciaux), pas des revenus fonciers. Le formulaire 2044 ne vous concerne donc pas.
Deux situations :
- Micro-BIC : abattement forfaitaire de 50 %, aucune déduction de la GLI possible.
- Régime réel BIC : la prime GLI est déductible comme charge d’exploitation, dans votre comptabilité (liasse fiscale 2031).
En meublé au réel, la déduction reste donc acquise. Seul le circuit déclaratif diffère.
Les erreurs à éviter
Quatre pièges reviennent souvent chez les bailleurs :
- Déduire au micro-foncier. Impossible : l’abattement de 30 % remplace toutes les charges. Double déduction = redressement.
- Confondre les lignes du formulaire 2044. La GLI va en ligne 223. L’assurance emprunteur en ligne 250.
- Croire au crédit d’impôt. Le crédit d’impôt de 38 % sur la GLI a été supprimé par la loi de finances 2017. Seule la déduction des revenus fonciers subsiste.
- Jeter ses justificatifs. L’administration peut vous demander l’attestation de l’assureur plusieurs années après.
Faut-il souscrire une GLI pour l’avantage fiscal ?
La déduction ne doit pas être le seul argument. Elle réduit le coût de la protection, mais c’est bien la garantie elle-même qui sécurise vos revenus : loyers impayés couverts, frais de contentieux pris en charge, dégradations souvent incluses.
Si vous hésitez encore entre les solutions de protection, notre comparatif GLI ou garant physique détaille les deux approches. Et pour choisir un contrat performant au meilleur prix, appuyez-vous sur notre comparatif des assurances loyer impayé 2026 ou notre sélection de la meilleure GLI du marché.
Dernier point : la déduction n’est acquise que si vous payez la prime. La question de savoir qui paie l’assurance loyer impayé a donc aussi une réponse fiscale : c’est toujours le propriétaire, et c’est tant mieux pour vos impôts.
FAQ : Assurance loyer impayé déductible des impôts
L’assurance loyer impayé est-elle déductible des impôts en France ?
Oui. Les primes de garantie loyer impayé sont déductibles à 100 % des revenus fonciers pour les propriétaires bailleurs imposés au régime réel, conformément à l’article 31 du Code général des impôts. Au micro-foncier, la déduction est impossible.
Où déclarer la GLI sur la déclaration d’impôts ?
Sur le formulaire 2044 (déclaration des revenus fonciers), ligne 223 « Primes d’assurance ». L’assurance emprunteur se déclare séparément, en ligne 250 avec les intérêts d’emprunt.
Peut-on déduire la GLI au micro-foncier ?
Non. Le micro-foncier applique un abattement forfaitaire de 30 % qui couvre déjà l’ensemble des charges. Pour déduire la GLI au réel, seuls les bailleurs dont les charges dépassent 30 % des loyers y gagnent.
La GLI est-elle déductible en location meublée ?
Oui, mais uniquement au régime réel BIC. La prime est alors une charge d’exploitation déductible du résultat. Au micro-BIC (abattement de 50 %), aucune déduction supplémentaire n’est possible.
Quelle économie d’impôt avec une assurance loyer impayé ?
L’économie équivaut à votre tranche marginale d’imposition plus 17,2 % de prélèvements sociaux, appliqués au montant de la prime. Pour 300 € de prime et une TMI de 30 %, l’économie atteint environ 142 €, soit près de la moitié du coût.



