En résumé : une garantie loyers impayés ne couvre jamais un impayé antérieur à la souscription, un locataire qui ne remplissait pas les critères déclarés, une location saisonnière, ni un sinistre déclaré hors délai. La cause de refus la plus fréquente n’est pourtant pas une exclusion contractuelle : c’est un manquement du bailleur à ses obligations déclaratives. Un dossier locataire incomplet ou une mise en demeure envoyée trop tard suffisent à annuler l’indemnisation.
Un contrat GLI ne se lit pas par ce qu’il promet. Il se lit par ce qu’il exclut. La plupart des bailleurs découvrent ces clauses au pire moment : celui où ils déclarent un sinistre et reçoivent un refus.
Voici la carte complète de ce qui n’est pas couvert, classée par cause réelle de refus plutôt que par article des conditions générales.
Exclusion, franchise, carence : trois choses différentes
Ces trois mots reviennent dans tous les contrats et désignent des mécanismes distincts. Les confondre coûte cher.
| Notion | Ce que c’est | Effet concret |
| Carence | Période après la souscription pendant laquelle la garantie n’est pas encore active | Un impayé survenu pendant cette période n’est pas indemnisé, même si le contrat est signé |
| Franchise | Montant ou nombre de mois restant à votre charge | Vous êtes couvert, mais le premier mois d’impayé n’est pas remboursé |
| Exclusion | Situation que le contrat ne couvre dans aucun cas | Aucune indemnisation, quelle que soit la date ou le montant |
La carence et la franchise décalent ou réduisent l’indemnisation. L’exclusion la supprime. Nous détaillons le premier mécanisme dans notre guide du délai de carence GLI.
Un point de droit utile : l’article L113-1 du Code des assurances impose que les exclusions soient « formelles et limitées ». Une clause vague ou rédigée en termes généraux est contestable. Et l’article L112-4 exige qu’elles figurent en caractères très apparents. Si votre contrat noie une exclusion dans un paragraphe standard, vous avez un argument.
Exclusions liées au locataire
L’impayé déjà commencé
C’est l’exclusion universelle. Si le locataire a manqué une échéance avant la date d’effet du contrat, le sinistre n’est pas couvert. Souscrire une GLI parce que le loyer de mars n’est pas arrivé ne sert à rien.
Le locataire qui ne remplissait pas les critères
Celle-ci surprend beaucoup de bailleurs. Le dossier du locataire n’est pas vérifié à la souscription. Il est vérifié au moment du sinistre.
Vous déclarez que votre locataire est en CDI avec des revenus égaux à trois fois le loyer. L’assureur vous couvre sur cette base et encaisse vos cotisations. Deux ans plus tard, l’impayé arrive, l’assureur demande les pièces, et découvre que le locataire était en période d’essai à la signature du bail. Refus. Les cotisations, elles, restent acquises.
C’est la raison pour laquelle le calcul du taux d’effort doit être fait avant le bail, pas après.
Le lien de parenté
Un logement loué à un ascendant, un descendant ou un conjoint n’est jamais couvert. Le risque est réputé non aléatoire.
L’occupant sans bail
Sous-locataire non autorisé, occupant maintenu après la fin du bail, hébergé à titre gratuit : sans contrat de location signé avec la personne qui occupe le logement, il n’y a pas de garantie.
Exclusions liées au bien et au bail
Les locations exclues par nature
- Location saisonnière et meublé de tourisme. La GLI couvre la résidence principale. Un bien loué à la nuitée sort du périmètre.
- Bail commercial et professionnel. Ils relèvent de contrats spécifiques, que nous détaillons dans notre guide de l’assurance loyer impayé en bail commercial.
- Bail verbal ou non signé. Sans écrit, pas de garantie.
- Logement non décent. Un bien qui ne respecte pas les critères de décence, ou dont le diagnostic de performance énergétique interdit la location, peut voir la garantie refusée.
Les plafonds de loyer
Beaucoup de contrats fixent un loyer maximum assurable, souvent entre 2 000 et 3 000 € charges comprises. Au delà, le bien est refusé à la souscription ou l’indemnisation est écrêtée. Sur les biens haut de gamme, c’est un point à vérifier avant tout le reste.
Exclusions liées à votre comportement de bailleur
Voici la partie que personne ne documente, et qui provoque le plus de refus.
La déclaration hors délai
Chaque contrat fixe un délai pour déclarer le sinistre. Généralement 30 à 60 jours après le premier impayé, parfois moins. Passé ce délai, la garantie tombe, même si tout le reste est conforme.
Le piège est banal. Le locataire promet de régulariser. Le bailleur attend, par bienveillance ou pour éviter le conflit. Trois mois plus tard, il déclare, et il est hors délai.
L’absence de mise en demeure
La plupart des contrats imposent une relance écrite puis une mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception, dans un calendrier précis. Un appel téléphonique ou un SMS ne remplace pas cette formalité. Nous avons détaillé la procédure dans notre guide sur comment déclarer un loyer impayé à son assurance.
Le dossier locataire incomplet
Il manque le dernier avis d’imposition. Le contrat de travail n’a pas été récupéré. L’assureur exige ces pièces au sinistre, constate le trou, et refuse.
Conservez le dossier complet pendant toute la durée du bail, et au moins deux ans après.
Le loyer révisé sans clause de révision
Vous avez augmenté le loyer à l’indice de référence, mais le bail ne comporte pas de clause de révision. L’augmentation est irrégulière, et la part correspondante n’est pas indemnisée.
La poursuite de la location après résiliation
Une fois la clause résolutoire acquise, l’occupant n’est plus locataire. Si vous continuez d’encaisser un loyer plutôt que d’engager la procédure, certains contrats considèrent que vous avez renoncé à la garantie.
Ce qui échappe à la garantie dégradations
La couverture des dégradations, généralement plafonnée autour de 10 000 €, comporte ses propres exclusions.
- La vétusté et l’usure normale. Une moquette de douze ans n’est pas une dégradation.
- Les dommages relevant de l’assurance habitation du locataire. Dégât des eaux, incendie, bris de glace : c’est sa multirisque qui joue, pas votre GLI.
- L’absence d’état des lieux d’entrée. Sans document de référence, aucune dégradation n’est démontrable. C’est l’exclusion la plus fréquente de cette garantie.
- Les dégradations constatées hors état des lieux de sortie. Un dommage découvert trois semaines après la remise des clés n’est plus opposable.
- Le montant du dépôt de garantie. Il s’impute en premier. L’assureur n’indemnise qu’au delà.
Vérifier les exclusions avant de signer : six points
- Cherchez le mot « exclusions » dans les conditions générales. S’il n’y a pas de section dédiée, demandez la au courtier par écrit.
- Relevez le délai de déclaration de sinistre. C’est le chiffre le plus important du contrat après le plafond.
- Vérifiez le loyer maximum assurable et comparez le au vôtre, charges comprises.
- Contrôlez le traitement de la colocation et du bail meublé si votre bien est concerné.
- Lisez la clause sur la vérification du dossier locataire au moment du sinistre.
- Notez ce qui s’impute sur le plafond : les frais de procédure et les dégradations réduisent souvent l’enveloppe disponible pour les loyers.
Refus d’indemnisation : quels recours ?
Un refus n’est pas définitif.
Première étape. Demandez par écrit le motif précis et la clause invoquée. L’assureur doit vous l’indiquer. Une exclusion qui n’est ni formelle ni limitée, au sens de l’article L113-1, est attaquable.
Deuxième étape. Saisissez le service réclamations de l’assureur, puis le médiateur de l’assurance si la réponse ne vous satisfait pas. La saisine est gratuite et suspend les délais.
Troisième étape. L’action judiciaire, en gardant en tête l’article L114-1 du Code des assurances : toute action dérivant d’un contrat d’assurance se prescrit par deux ans. Ce délai court vite quand une procédure d’expulsion est en cours en parallèle.
Questions fréquentes exclusions GLI
Qu’est-ce qu’une exclusion de garantie en assurance loyer impayé ?
C’est une situation que le contrat ne couvre dans aucun cas, contrairement à la franchise qui laisse une part à votre charge et à la carence qui décale le début de la couverture. L’article L113-1 du Code des assurances impose qu’elle soit formelle et limitée.
La GLI couvre t elle un impayé qui a commencé avant la souscription ?
Non. Aucun contrat n’indemnise un impayé antérieur à la date d’effet. C’est l’exclusion la plus universelle du marché.
Quelle différence entre une exclusion, une franchise et un délai de carence ?
La carence est la période après souscription pendant laquelle la garantie n’est pas active. La franchise est la part qui reste à votre charge. L’exclusion supprime toute indemnisation, quelle que soit la date.
L’assureur peut il refuser d’indemniser si le dossier du locataire était incomplet ?
Oui. Le dossier est vérifié au moment du sinistre, pas à la souscription. Une pièce manquante ou un critère de solvabilité non respecté au moment du bail justifie un refus, même après plusieurs années de cotisations.
Que faire en cas de refus d’indemnisation ?
Demandez le motif écrit et la clause invoquée, saisissez le service réclamations, puis le médiateur de l’assurance. L’action judiciaire reste possible dans le délai de prescription de deux ans prévu à l’article L114-1.
Pour aller plus loin
- Délai de carence GLI : tout comprendre
- Comment déclarer un loyer impayé à son assurance
- Comparatif des assurances loyer impayé 2026
- Conditions d’une assurance loyer impayé



